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Mon engagement pour préserver l'eau dans la loi d'urgence agricole

Faut-il craindre une guerre de l'eau ? C'est la question que posait le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, dans la version adoptée par le Sénat. Ce texte était attendu par nos agriculteurs, confrontés à une crise profonde. Mais son volet « eau » faisait courir un risque réel à l'équilibre entre les différents usages d'une ressource de plus en plus rare. 

Rapporteure du volet « eau » à l'Assemblée nationale, j'ai suivi ce sujet tout au long de l'examen du texte. Quelques jours avant la commission mixte paritaire, nous avions alerté sur trois dérives majeures : – une priorité de fait donnée aux usages agricoles de l'eau, au détriment de l'eau potable, des autres activités économiques et des milieux naturels ;

– une gouvernance locale de l'eau fragilisée, alors que c'est au plus près des territoires, avec l'ensemble des acteurs, que doit s'organiser le partage de la ressource ;
– une protection des zones humides réduite à peau de chagrin, alors que ces espaces stockent l'eau, limitent les inondations, soutiennent les nappes en période de sécheresse et abritent une biodiversité précieuse. 

Nous avions donc appelé la majorité sénatoriale à rendre un accord possible. Cet appel a été entendu : réunie le 16 juillet, la commission mixte paritaire est parvenue à un compromis, au terme de longues heures de négociation. J'ai fixé les lignes rouges de cette négociation. Avec mes collègues Jean-René Cazeneuve et Stéphane Travert, nous les avons défendues pied à pied, et l'accord trouvé les préserve. Concrètement, le principe de non-régression agricole dans la gestion de l'eau et la redéfinition des zones humides, qui aurait conduit à en réduire le nombre, ont été retirés du texte.

 Ce résultat n'oppose personne. L'agriculture a besoin d'eau. L'économie, les collectivités et les milieux naturels aussi. Ce texte démontre qu'il n'était pas nécessaire de choisir entre eux : on peut soutenir nos agriculteurs sans sacrifier la protection de la ressource dont ils sont, eux aussi, les premiers à dépendre.

 Avec le changement climatique, les sécheresses seront plus fréquentes et la ressource plus disputée. C'est précisément pour cela que les règles de partage doivent être justes, concertées et solides. L'eau reste un bien commun : sa rareté exige un partage, pas un privilège. 

Nous n'avons pas déclaré la guerre de l'eau. Nous avons choisi le partage.