J'ai voté en faveur de la loi instituant un droit à l'aide à mourir. Je l'ai fait en conscience, après des mois de débats, de réflexion et d'écoute. Ce vote n'avait rien d'évident.
J'ai tenu à entendre les personnes favorables à ce texte, mais aussi celles qui s'y opposent. J'ai notamment échangé avec les communautés religieuses de ma circonscription. Leurs convictions et leurs inquiétudes sur la vulnérabilité, la solitude, le risque d'emprise et l'accès encore inégal aux soins palliatifs ont pleinement nourri ma réflexion.
J'ai aussi écouté les personnes malades, leurs proches, et celles et ceux qui considèrent que la législation actuelle ne répond pas à toutes les situations. Pour certaines personnes atteintes d'une maladie grave et incurable, confrontées à des souffrances qui ne peuvent être soulagées, la possibilité de choisir constitue une demande de liberté et de dignité.

Ce nouveau droit est strictement encadré :
✔️ cinq conditions cumulatives : être majeur, être Français ou résider en France de manière stable, être atteint d'une maladie grave et incurable en phase avancée ou terminale, subir une souffrance réfractaire ou insupportable, et pouvoir exprimer une volonté libre et éclairée ;
✔️ une procédure collégiale, avec des délais de réflexion, la personne pouvant renoncer à tout moment ;
✔️ le principe de l'auto-administration : un médecin ou un infirmier ne peut intervenir que si la personne en est physiquement incapable ;
✔️ une clause de conscience pour les professionnels de santé, qui ne peuvent pas être contraints d'y participer.
Il s'agit donc d'un droit, jamais d'une obligation.
Je refuse d'opposer l'aide à mourir et les soins palliatifs. Le Parlement a d'ailleurs adopté, en parallèle, une loi destinée à renforcer les soins palliatifs. Nous devons garantir partout l'accès aux soins, à l'accompagnement et à une présence humaine jusqu'au dernier instant. Mais nous devons aussi reconnaître que, même lorsque tous les soins sont mobilisés, certaines souffrances demeurent.